illustration par TomZZ
I – Positionnement
RNC Mobile est un projet initié par des bénévoles passionnés des télécoms et porté par la communauté des Freenautes (clients chez Free). Son but est de centraliser les données d’identification des antennes Freemobile envoyées par les utilisateurs de l’application dédiée (Android) mais pas que. En effet, depuis l’été 2017, il est possible de mesurer les débits montants et descendants en chargeant plusieurs fichiers simultanément sur plusieurs serveurs différents et participer ainsi aux statistiques des fiches des sites radio. Particularités importantes, un test de débit n’est valide que s’il est entièrement fait sur le même site radio, dans la même technologie (3G/4G/5GNSA/5GSA) et uniquement sur le réseau Freemobile.
En d’autres termes, si durant le processus un changement de site ou de technologie s’opère, le test est abandonné. Cet observatoire va donc s’appuyer sur cette base de données alimentée régulièrement par la communauté et nous vous proposerons régulièrement des statistiques qui en découleront afin de compléter celles déjà disponibles.
II – Volume de données traitées
La régression du nombre de mesures de débits en 4G enclenchée au lancement de la 5G se poursuit. Régulièrement au-dessus des 2000 tests jusqu’à la fin de 2024, le niveau est descendu largement sous les 1000 au deuxième semestre 2025. Il est ensuite brusquement remonté à 1725 mesures en janvier 2026).
Le lancement de la version 5 de l’application a fortement contribué à cette relance en intégrant à nouveau les utilisateurs d’Android 15 et 16 à l’échantillon (voir Observatoire des débits précédents).
La frustration d’avoir été longtemps privé de la possibilité d’évaluer les débits ainsi que l’intérêt à tester cette nouvelle version ont fait remonter au-dessus de 1000 le nombre de mesures mensuelles en 4G. Ce phénomène s’est produit lors des trois premiers mois ayant suivi le lancement de la V5. Mais il s’est estompé au cours des derniers mois jusqu’à une chute à 503 tests en juin 2026.
La 5G a suivi les mêmes évolutions. La fluctuation autour des 4000 tests mensuels a laissé place à un bond vers les 10000 à la faveur du lancement de la V5. Puis, le niveau des 5000 mesures s’est maintenu au premier quadrimestre 2026 avant les deux derniers mois qui semblent avoir été fortement perturbés par des éléments saisonniers habituels et exceptionnels.
En effet, les mois de mai sont souvent en retrait sur les mois de mars et avril. Ce phénomène régulier a été amplifié ces deux derniers mois. Ils ont, en effet, été particulièrement touchés par la hausse des prix de l’énergie et par deux longues vagues de chaleur.
Cela n’a pas facilité les déplacements des Freenautes.
Hors ces déplacements permettent d’accroître le nombre de tests dans des lieux variés et donc d’augmenter la taille et la représentativité de l’échantillon.
Les tests à domicile était déjà heureusement minoritaires dans cet observatoire (voir les publications antérieures).
Mais, la V5 a introduit une nouveauté qui permet de faire des tests dans des « zones sensibles » sans les envoyer au serveur. Ces mesures sont donc, de fait, retirés des traitements.
Les tests effectués à domicile ou dans des lieux de vie signalés comme zones d’exclusion des mesures – ne font plus partie de la base des speedtests depuis janvier 2026. La part des tests réalisés à domicile ou en environnement intérieur sensible a donc probablement fortement chuté.

Depuis le début de l’année, le taux de tests effectués en 5G (SA+NSA) dépasse régulièrement les 80% avec une pointe à 85% en avril.

Le premier semestre 2026 a permis d’atteindre un taux moyen de 83% alors qu’il n’était que de 76% sur l’année entière 2025.

La répartition entre 5G SA et 5G NSA s’établit autour de 25% en 2026. Il est équivalent au niveau déjà atteint avant les perturbations occasionnées par le retrait de l’échantillon des mobiles disposant d’Android 15 et 16 (voir explications sur le « bug Android 15 »).
III – Éléments de contexte
III – 1 Déploiement des fréquences 5G
Le déploiement par Freemobile des fréquences et technologies à partir de l’exploitation des données de l’ANFR se présente comme suit (hors zone blanche) en fin de premier semestre 2026.

A ce stade, 45% des sites sont équipés de la fréquence apportant un gain significatif en débit. Ils sont exploitables en 5G SA ou en 5G NSA.
49% des sites ne sont exploitables qu’en 5G NSA (avec un gain de débit de 10% par rapport à la 4G, soit : 1236 Mbps théorique).
Il reste donc 4% des sites à équiper en 5G (débit théorique maximum 1125 Mbps) et 2% situés en zone Indoor, donc à portée réduite et souvent limités aux deux fréquences 1800 et 2600 MHz (soit avec un débit théorique de 342 Mbps en MIMO2x2 et 685 Mbps en MIMO4x4).
NB : Tous les sites sont utilisables en 4G pour les utilisateurs encore nombreux à ne disposer que d’un mobile 4G (au premier trimestre 2026, d’après l’observatoire des marchés de l’ARCEP publié le 9 juillet 2026, seuls 42 % des abonnements permettent une connexion en 5G tous opérateurs confondus).
Quelques chiffres sur le déploiement de la 5G en bande large.
Sur les 24237 sites actuellement actifs en réseau propre, seuls 14209 sont situés en zone dense au sens ARCEP et justifient donc de l’équipement en haut débit. Parmi ces derniers, 8601 sont déjà en service en bande large. Il en reste donc 5608 à équiper – hors situation particulière (zones touristiques en zone peu dense).
Pour compléter le tableau. Il faudrait aussi ajouter les futurs sites situés en zone dense.
Au 1er juillet 2026, parmi les 2209 sites en projet approuvé – donc probablement mis en service au cours des 18 prochains mois -, 1484 sont en zone dense et 1202 sont déjà déclarés avec la fréquence 3500 MHz.
État d’avancement de la fréquence 2100 MHz en 5G :
La fréquence 2100 MHz initialement utilisée en 3G, puis convertie à la 4G à partir de septembre 2021 semble vouée a devenir une fréquence d’appoint à la 5G SA. Une expérimentation a été conduite sur un arrondissement de Paris au premier trimestre 2026, mais elle n’a pas été généralisée à ce stade. Le faible taux d’équipement en mobile 5G peut être un frein à ce déploiement, car les détenteurs de mobiles 4G perdent une grande partie de leur largeur de bande (15 MHz sur un total de 33 à 68 MHz et ils restent majoritaires au niveau national).
En revanche, les utilisateurs de la 5G n’ont aucun problème pour utiliser cette fréquence, soit en 5G NSA, soit en 4G.
Déploiement de la 5G+ (aka 5G SA sur les deux bandes couplées 700 MHz et 3500 MHz) :
A l’instar d’Orange qui a su exploiter rapidement la disponibilité de deux fréquences basses (700 et 800 MHz) pour lancer la 5G+©, Freemobile qui a maintenant largement déployé sa deuxième fréquence basse (900 MHz, d’abord sur 5 MHz, puis récemment sur 5+3 MHz) a commencé a implémenter la 5G+. Après quelques tests en région parisienne en 2025, le déploiement semble amorcé sur les zones les plus denses depuis les derniers jours de juin 2026.
III – 2 Déploiement de nouveaux points hauts
Si l’on se réfère à la mise en service annuelle de supports 4G qui reflète parfaitement le nombre de points hauts ajoutés chaque année au portefeuille de Freemobile, on peut constater une belle régularité dans la construction de ces sites depuis le lancement de la 5G en décembre 2020.
En effet, les ~2150 sites sont systématiquement dépassés chaque année.
L’année 2026 promet de dépasser les 2000 sites, voire plus si l’on considère que les fins d’année sont les plus productives. Néanmoins, l’année devrait être légèrement en retrait en raison d’une part de la fin prochaine du déploiement des sites en zones blanches et d’autre part en raison de l’approche de la complétude du réseau propre.
D’après les chiffres de l’ARCEP, mis en tableau sur le site RNCmobile, Freemobile disposait à la fin de l’année 2025 de 30286 points hauts (>5 W) contre 30255 pour Bouygues Télécom et 30160 pour SFR pour un nombre de client largement inférieur à ces deux opérateurs (sans parler des clients MVNO utilisant leurs deux réseaux).
En revanche, le retard face à Orange et ses 32367 points hauts reste conséquent. Ce retard se situe – à lin de l’année 2025 – à 2081 sites (soit moins d’un an de déploiement habituel pour Feemobile). Il était de 3454 sites un an plutôt.
III – 3 Calendrier de déploiement des technologies
Voir le chapitre III – 4 « Calendrier de déploiement des technologies » de l’observatoire des débits du premier semestre 2025 pour les déploiements antérieurs.
01/07/2025 : Réutilisation de 5 MHz de la fréquence 900 MHz vers la technologie 4G [Aucun site au 1er juillet 2025 – Intégralité des sites hors zone blanche au 31 décembre 2025, soit 23 554 actifs].
01/01/2026 : Poursuite du déploiement de nouveaux points hauts (voir § III – 2).
Poursuite de la politique de déploiement du MIMO4x4 visant l’intégralité des sites situés en zone dense (soit 16135 sites actifs ou en projet hors zone blanche).
Poursuite de la conversion des sites 2100 MHz de 3G en 4G (~20 500 sites actifs au 31 décembre 2025 et 21300 au 1er juillet 2026).
01/07/2026 : Début de la réutilisation sur tous les sites de 3 MHz de la fréquence 900 MHz vers la technologie 4G portant à 8 MHz l’usage de la licence de 8,7 MHz. Cette sous-bande est visible sous les CID 192 à 194.
Déploiement concomitant de la fréquence 700 MHz en mode SA (voir § III – 1).
Les Débits (Préambule)
La simple analyse des moyennes ne permettant pas de rendre compte de la diversité et la complexité des situations rencontrées sur un parc d’antennes-relais, la comparaison des performances entre les technologies repose sur la détermination de profils de débits construits à partir de la notion statistique de décile. L’analyse sera principalement conduite sur une base temporelle (évolution des profils de débits du premier semestre 2026 en référence à l’année 2024 préférée à l’année 2025 en raison du « bug Android 15 »).
La technologie 5G recouvre la 5G NSA (Non Stand Alone) et la 5G SA (Stand Alone). La première permet l’agrégation d’une fréquence 5G à celles de la 4G en s’appuyant sur un cœur de réseau 4G. La seconde s’appuie sur un cœur de réseau 5G mais sans permettre – sur la période de mesures – l’agrégation de l’une des 5 fréquences utilisées en 4G.
Nouveau : Une comparaison des résultats en 5G NSA en fonction de la fréquence primaire utilisée figure au chapitre VI.
Précision méthodologique : Traditionnellement, l’évolution des débits s’effectue en référence à l’année précédente. Exceptionnellement, en raison du « bug Android 15 » qui est susceptible d’avoir perturbé grandement la composition de l’échantillon, la référence choisie pour les comparaisons est l’année précédent l’incident, soit 2024. Il convient donc de noter que les évolutions présentées correspondent au double de la progression annuelle.
Par ailleurs, les profils retenus pour les graphes établis en percentiles ont été revus pour assurer une meilleure continuité. Les déciles (qui découpent l’échantillon en 10 sous-échantillons de poids égal) ont été préférés aux quartiles et premier et dernier percentiles qui conduisaient à une sur-valorisation des situations extrêmes (les 1% des extrêmes ne sont plus représentés dans la nouvelle édition des profils).
IV – Profils annuels des mesures de débit 5G (SA+NSA)
IV – 1 Profil des débits descendants moyens 2026 comparés aux années précédentes
La médiane a progressé de 4% en référence à 2024, soit 2% par an. Les troisième et septième déciles – qui encadrent 40% de l’échantillon progressent respectivement de 9% et 3%. La moyenne s’accroît de 5%. Ces chiffres seront affinés lors de l’étude annuelle car cette comparaison repose sur des périodes différentes (année et semestre).
En considérant la moyenne, le gain sur le débit est de 22 Mbps sur deux ans. Les causes en sont multiples. Elles agrègent aussi bien l’apport de nouveaux sites que l’ajout de nouvelles fréquences à large bande (3500 MHz qui impacte les déciles supérieurs) comme à bandes étroites (900 MHz et 2100 MHz qui impactent les déciles inférieurs ou médians).
IV – 2 Profil des débits montants moyens 2026 comparés aux années précédentes

Les débits montants moyens s’améliorent sensiblement sur l’ensemble du profil avec une progression de 15% sur la valeur médiane et de 10% et 11% sur les troisième et septième déciles.
La moyenne progresse de 10% soit de 5% par année.
L’agrégation de deux fréquences en débit montant, entamée au début de l’année 2022 est maintenant probablement généralisée. L’apport des deux fréquences 4G supplémentaires n’a pas d’impact sur la droite du profil puisque l’agrégation possible se limite à deux fréquences en débit montant. La progression peut être portée par le renouvellement de mobiles qui devrait concerner le tiers du parc si l’on considère un remplacement moyen des mobiles tous les 6 ans.
V – Profil trimestriel des mesures de débit descendant 5G
V – 1 Profil des débits descendants moyens comparés par trimestre (2026 vs 2024)

La comparaison trimestrielle permet de limiter l’effet des variations saisonnières et est donc plus instructif que la variation annuelle.
La médiane progresse de 20% sur deux ans (2026 vs 2024).
L’amélioration des débits sur les deux déciles intermédiaires est respectivement de +28% et 14% en pourcentage. En valeur absolue, le gain semble assez constant sur toute la plage centrale de l’échantillon (entre le troisième et le septième décile en passant par la médiane ou cinquième décile). Les gains en Mbps sont respectivement de 62, puis 70, puis 70 Mbps.
Ce phénomène semble indiquer que l’amélioration des performances est essentiellement portée par les fréquences basses ou moyennes (900 MHz et subsidiairement 2100 MHz).
L’essentiel du gain s’est donc effectué en 2025 correspondant à l’apport de la fréquence 900 MHz intervenue entre juillet et décembre 2025 qui concerne l’intégralité du parc d’antennes. Une autre contribution importante est celle de l’ajout de la fréquence 2100 MHz
Le 900 MHz apporte un gain théorique de 49 Mbps en MIMO2x2 (+5 MHz) sur 99% de l’échantillon.
Le 2100 MHz apporte un gain théorique de 294 Mbps en MIMO4x4 ou de 147 Mbps en MIMO2x2 sur 48% du parc d’antennes (20500 sites actifs en 2100 MHz au 1er trimestre 2026 vs 9800 au 1er trimestre 2024 sur un parc total actif en 5G de 22500 unités).
V – 2 Profil des débits montants moyens comparés par trimestre
Les débits montants moyens s’améliorent sensiblement sur l’ensemble du profil avec une progression de 38% sur la valeur médiane et de 41% et 27% sur les troisième et septième déciles.
La moyenne progresse de 27% soit de ~13% par année.
Les conclusions du § IV-2 reste valables. Le renouvellement du parc de mobiles a probablement amplifié la progression (passage de mobiles sans agrégation à mobiles capable d’agréger le signal montant).
VI – Influence des conditions d’agrégation sur les résultats de la 5G NSA
La 5G NSA qui s’appuie sur un cœur de réseau 4G implique le recours à l’une des 5 fréquences LTE disponibles sur le réseau Freemobile. Pour mieux comprendre le fonctionnement de l’agrégation et les variations de débit qui en découlent, la répartition des fréquences utilisées à été étudiée en 2025 et au premier semestre 2026.
La fréquence 5G utilisée en complément peut être :
– soit la fréquence 3500 MHz, si les conditions de mesure le permettent et si elle est disponible à proximité du point de mesure (<2 km),
– soit la fréquence 700 MHz dans les autres situations.
VI – 1 Répartition du recours à la fréquence pilote en 5G NSA en 2025

Les fréquences 2600 MHz (fréquence historique de Freemobile en LTE) et 1800 MHz qui est implantée sur la quasi-totalité des sites hors zone blanche depuis le refarming de cette fréquence en 4G (sur une largeur de bande de 10 MHz, puis de 15 MHz) dominent largement avec respectivement 39% et 34% des mesures de débit réalisées.
La fréquence de 700 MHz qui est aussi très présente sur le parc d’antennes de Freemobile arrive en 3ème position avec 15% des mesures. La fréquence de 2100 MHz qui n’est exploitable en 4G que depuis le 21/08/2021 ne représente que 11% des tests principalement en raison d’une implémentation partielle (dite SISO) sur 7000 sites que ne permet pas de recourir à cette fréquence en tant que fréquence primaire ou pilote.
Enfin, le 900 MHz qui n’était pas en service pendant le premier semestre et dont la mise en service n’est intervenue que très tardivement dans l’année ne participe qu’à la hauteur de 1% des tests sur l’année 2025.
Il faut noter que les fréquences hautes sont priorisées afin de réserver les fréquences en or (<1000 MHz) aux usages pour lesquels les fréquences hautes sont inexploitables (indoor et lieux distants de l’antenne captée).
VI – 2 Répartition du recours à la fréquence pilote en 5G NSA en 2026 (1er semestre)

Au premier trimestre 2026, la conversion de la fréquence 900 MHZ en 4G étant théoriquement achevée, la part de cette fréquence s’est accrue de 1 à 8%. Cette évolution a permis de décharger la fréquence 700 MHz qui passe de 15 à 13%. La fréquence 2100 MHz a également vu sa part passer de 11 à 18% en provoquant un retrait de la fréquence 1800 MHz de 34 à 32% et surtout de la fréquence 2600 MHz qui passe de 39 à 29%.
La progression de la part prise par la fréquence 2100 MHz provient de la progression du taux d’équipement ainsi que de l’éradication progressive des installations câblées en SISO à la faveur d’interventions sur le site (modernisation, upgrades 3500 MHz ou simple maintenance).
Le taux de conversion de SISO à MIMO approche probablement la moitié des sites deux ans après leur primo-configuration de mai 2024. Le déploiement de cette fréquence est encore partiel puisque son taux de présence est de 86% contre 99% pour les fréquences 700, 900 et 1800 MHz et de 92% pour la fréquence 2600 MHz.
VI – 3 Répartition du recours à la fréquence pilote en 5G NSA en 2026 (1er semestre)
VI – 3a Comparaison entre 900 MHz et l’ensemble des 5 fréquences 4G
Le déploiement accéléré de la fréquence 900 MHz ne semble pas avoir impacté les performances du réseau dès lors qu’il est exploité en 5G NSA.
En effet, la comparaison de la courbe produite à partir de cette fréquence ne mets pas en évidence de détérioration des performances susceptible d’avoir été générée par l’ajout de cette fréquence. Il semble aussi que l’agrégation des fréquences soit complète pour les mobiles utilisés puisque 10% des tests dépassent 873 Mbps.
VI – 3b Comparaison entre chacune des 5 fréquences utilisées comme pilote
Le profil obtenu avec la fréquence primaire 2600 MHz présente les meilleurs résultats avec une valeur médiane de 525 Mbps contre 446 Mbps pour la fréquence 900 MHz et 441 Mbps pour l’échantillon de l’ensemble des 5 fréquences (voir § ci-dessus). Les conditions de réception sont probablement plus favorables puisque la fréquence la plus haute peut être captée (antenne assez proche et mesure réalisée en extérieur).
A contrario, la fréquence 1800 MHz présente les résultats les moins favorables avec une médiane de 337 Mbps. Il est probable que toutes les fréquences ne soient pas agrégées – soit parce que les mobiles utilisés n’autorisent pas l’agrégation de la totalité des fréquences, – soit en raison de l’absence de la fréquence 2600 MHz sur les sites testés. C’est notamment le cas de 2000 sites (sites en Indoor et sites dédiés LGV). Les mesures effectuées à plusieurs km de l’antenne peuvent aussi ne pas capter les fréquences hautes.
Dans ces situations les moins favorables, le NSA n’utilise alors que la fréquence 5G de 700 MHz et jamais la fréquence 3500 MHz qui à l’inverse est massivement utilisée en zone dense.
VII – Profils annuels des mesures de débit 4G
VII – 1 Profil des débits descendants moyens en 4G
Comme indiqué plus haut, le nombre de mesures effectuées en 4G régresse régulièrement avec la progression de la couverture 5G.
L’analyse des profils de débits montre que, de 2021 à 2024, les débits avaient bien progressé portés par l’augmentation du nombre de points hauts (+2000 par an) et par l’ajout de nouvelles fréquences (2100 MHz).
En revanche, la comparaison du premier semestre 2026 en référence à l’année 2024 présente une régression marquée de la médiane de 93 Mbps à 65 Mbps (soit -30%, donc -15% par an).
L’explication la plus évidente est la disparition de l’échantillon des mesures de débits effectuées en conditions favorables (proximité de l’antenne, en extérieur, antennes nouvellement capables d’agréger la fréquence 3500 MHz). L’analyse de l’impact de la conversion de la fréquence 900 MHz à la 4G sera analysée en bonus au § X.
VII – 2 Profil des débits montants moyens en 4G
A l’instar des débits descendants, les débits montants connaissent le même taux de régression (-34% en valeur médiane et -11% en valeur moyenne en deux ans). L’explication invoquée ci-dessus reste la plus probable.
VIII – Les communes disposant de mesures de débits
3244 communes ont fait l’objet d’au moins une mesure de débit lors du premier semestre de l’année 2026, soit moins que les 3384 communes testées en 2025, mais sur une période double intégrant les mois d’été associés à de nombreux déplacements.
Parmi les villes les plus testées, figurent : Paris [1565 mesures dont 93 % en 5G – 33 % en SA et 60 % en NSA], Marseille [459 mesures dont 83 % en 5G], Bordeaux [316 mesures dont 97 % en 5G], Reims [847 mesures dont 93 % en 5G], Lyon [165 mesures dont 79 % en 5G], Nice [444 mesures dont 93 % en 5G], Aix-en-Provence [334 mesures dont 91 % en 5G], Montpellier [190 mesures dont 83 % en 5G].
Strasbourg, Toulouse, Nîmes, Dijon, Saint-Etienne et Toulon se situent dans une fourchette de 50 à 150 mesures.
Parmi les 20 plus grandes villes, Lille, Rennes, Nantes, Grenoble, Villeurbanne, Angers et Le Havre ne bénéficient que de moins de 50 mesures de débits.
IX – Les mobiles et pseudos utilisés
Pour effectuer les 41768 mesures de débit, 320 mobiles ont été utilisés, contre 266 en 2025.
La hausse sensible s’explique par la réintégration des mobiles sous Android 15 et 16 avec la V5 de l’application. La moyenne de tests s’établit donc à 131 tests par modèle.
512 pseudos différents ont été utilisés contre 531 en 2025.
Le pseudo Anonyme a été utilisé pour 20% des mesures de débit. Ce pseudo recouvre plusieurs centaines d’utilisateurs différents et totalise 8518 tests.
X Bonus : Recherche d’autres explications à la chute de débit en 4G
X – 1 : Comparaison entre LTE 900 et l’ensemble des 5 fréquences utilisées en 4G
Par delà l’évolution de l’échantillon liée au déploiement de la 5G, d’autres explications peuvent être recherchées en lien avec l’introduction concomitante de la fréquence 900 MHz.
Comme avec la 5G, la comparaison du sous-échantillon des mesures effectuées avec la fréquence 900 MHz en fréquence primaire avec l’échantillon complet permet de mettre en évidence les changements induits par cette fréquence.
Et contrairement au constat effectué en 5G, la détérioration des performances est évidente en 4G puisque le débit descendant médian passe de 65 Mbps à 18 Mbps.
De multiples explications peuvent être avancées pour expliquer cette situation.
- La taille réduite de l’échantillon 4G (6 fois plus petit que l’échantillon 5G NSA) peut induire des distorsions perturbatrices. En effet, 28190 mesures sont en 5G NSA contre 4594 en 4G.
- La priorisation de la 5G sur la 4G conduit à effectuer une sélection entre mesures effectuées dans de bonnes conditions de réception (5G) et des conditions médiocres (4G). La 5G NSA pourra ainsi agréger la totalité des fréquences alors que la 4G n’agrégera que deux fréquences (700|900 et 1800 MHz), voire se limitera à l’une des deux fréquences basses en l’absence d’agrégation possible des fréquences basses par le mobile utilisé.
- La largeur de bande différenciée entre chacune des fréquences (5 MHz en 900 MHz, 10 en 700 MHz, 15 MHz en 1800 et 2100 MHz et 20 MHz en 2600 MHz) pourra impacter violemment les débits descendants et montants. Ce phénomène ne joue pas en cas d’agrégation de toutes les bandes comme en 5G NSA, mais a un rôle majeur en absence d’agrégation (4G en environnement intérieur profond).
- Une autre possibilité est l’ajout à l’échantillon 4G de mesures qui aurait été effectuées en 3G en raison de l’apport de la fréquence basse de 900 MHz. Et cet apport concerne des conditions de réception les plus défavorables. La faible taille de l’échantillon amplifie probablement l’influence de ces situations extrêmes.
X – 2 : Comparaison entre LTE 900 et LTE 700
Pour mesurer l’importance des facteurs présentés au paragraphe précédent, la comparaison des deux fréquences basses permet de mettre en évidence le poids de la largeur de bande puisque l’agrégation y est très minoritaire.
En théorie, la largeur de bande en 900 MHz étant moitié moindre qu’en 700 MHz, la perte occasionnée par ce seul facteur devrait conduire à une perte en débit de 50%. Sur un échantillon certes limité (931 mesures en 900 MHz et 664 en 700 MHz), la perte de débit est de 46% (18 Mbps vs 33 Mbps en valeur médiane et 34% en valeur moyenne).
Cette valeur plaide en faveur de la théorie selon laquelle les conditions de mesures (essentiellement indoor semi-profond) ne permettent pas l’agrégation des fréquences moyennes ou hautes.
X – 3 : Comparaison des débits selon les 5 fréquences utilisées comme pilote en 4G
Les profils différenciés selon la fréquence primaire montrent un éventail étendu entre les mesures effectuées avec la totalité des fréquences (158 Mbps avec le 2600 MHz) et les mesures réalisées sans agrégation (18 et 33 Mbps pour les fréquences en or). Les fréquences intermédiaires (1800 et 2100 MHz) qui sont capables d’agrégation partielle (sans la fréquence la plus haute) se situent à mi-chemin entre ces deux situations extrêmes (86 et 75 Mbps pour le 1800 et le 2100 Mhz).
Ces résultats semblent refléter le phénomène de migration des mesures anciennement réalisées en 4G qui ont disparu de l’échantillon au profit de la 5G accompagné du phénomène inverse de migration des mesures anciennement en 3G vers la 4G.
Ces deux tendances effacent totalement les gains apportées par l’ajout de nouveaux sites et la conversion en 4G de la fréquence 2100 MHz qui étaient encore visibles jusqu’en 2024.
Cette migration de l’échantillon est mise en évidence par la comparaison entre la répartition par fréquence en 2025 et au premier semestre 2026.
Les deux fréquences basses (mesures indoor) passent de 22% à 39% marquant la récupération des anciennes mesures en 3G.
A contrario, la fréquence haute de 2600 MHz régresse de 35% à 20% soulignant le transfert de l’ancien échantillon 4G vers la 5G.
Ce dernier phénomène peut être accentué par le remplacement progressif du parc de mobiles uniquement en 4G par un modèle plus performant (de 32% à 42 % entre 2025-T1 et 2026-T1 selon le graphique ci-dessous extrait du dernier observatoire des marchés de l’ARCEP).

Voila, cet observatoire est maintenant terminé, nous vous donnons rendez-vous au début de l’année prochaine pour le bilan annuel.
N’hésitez pas à nous remonter vos remarques sur les réseaux sociaux, à bientôt.








